Que c'est il passé depuis juin ?

Le 2/11/2014 par Loïc Guillois

Une période difficile

Depuis que je pratique le triathlon, mon blog a toujours été à jour. Ce n'est plus le cas depuis plusieurs mois. Il s'est donc passé un truc en juin... Après le half ironman des Marches de Bretagne, j'ai eu du mal à revenir à l'entrainement en cette période estivale et de fêtes familiales. Pourtant je me suis forcé. Je m'y suis contraint jusqu'à craquer.

Un dimanche, j'étais parti pour un enchainement long : sortie vélo puis course à pied mais un orage éclate alors que je suis sur le vélo. J'ai des intensités à faire, je me force à maintenir l'allure. Je ne prend aucun plaisir et d'un coup j'en veux plus, je fais demi tour et rentre chez moi. Je ne veux plus voir le vélo et je suis pris d'une crise d'angoisse, mélange de culpabilité et de peur de mal m'entrainer. Je fond en larme. Oui, pour du sport c'est possible aussi. Ce n'est pas du sur-entrainement mais un burnout.

Cliniquement il prend la forme d'un état dépressif majeur, associé à une aversion pour la pratique, imposant son arrêt. « L’épuisement » devient émotionnel et physique.

Pourquoi ?

Pourquoi j'en suis arrivé là ? Parce que le sport a été pour moi un exutoire de tout mes problèmes. Ce qui explique des charges d'entrainement assez importante (plus de 12 heures par semaine en moyenne). Au quotidien, je ne pensais qu'à ça. Au delà du plaisir qu'est sensé apporter la pratique du triathlon, j'en avais une vision mathématique : analyse de mes performances, analyse de mes résultats, comparaison systématique avec les autres athlètes (performances, matériel, entrainements). Bref, je me suis monté la tête.

Je suis coaché donc comment ça a pu arriver ? Tout simplement parce que je mentais. Je mentais à mon entourage sur la pénibilité des entrainements, ma motivation et le plaisir que je prenais à faire du sport. Je me mentais à moi même aussi pour que ça passe, jusqu'à dissocier complètement de mon corps. Jusqu'à en parler à la 3ème personne. Etonnant non ? Quand j'avais mal aux jambes, je leur en voulait. Il était donc logique que je mente également à mon coach. Il ne pouvait donc pas avoir conscience de ce qui se passait dans ma tête. Pas de sur-entrainement donc le corps suivait (jusque là).

Et maintenant ?

Comment j'ai fait pour m'en sortir ? J'ai commencé par en parler ouvertement. A mes proches, à mes collègues de club, à mon coach... ce "coming out" était important. Cela m'a permis d'en discuter et de comprendre. J'ai donc commencer par arrêter de publier sur ce blog et j'ai arrêter de parler d'entrainement. J'ai repris le sport à l'envie sans programme et c'est revenu petit à petit. Je ne me suis pas contraint à faire les compétitions prévues. Aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. J'ai pris du recul.

Je vais quand même vous faire un résumé rapide de la suite de la saison :

  • Le 6 juillet, triathlon M du Mans : natation agréable dans le sens du courant et un vélo tout plat roulant, j'arrive rapidement en course à pied. Le manque d'entrainement ne me permet pas de faire une bonne course donc je lève le pied et profite.

  • Fin juillet, Breizhman : initialement je comptais faire le half, mais avec le burnout je me suis rabattu sur le M. Les sensations reviennent mais en course à pied ce n'est toujours pas ça.

  • Début août : petite coupure avec le triathlon, j'ai envie de revenir au VTT. Avec un pote on décide de faire 2 jours sur le canal de Nantes à Brest, c'est top.

  • Fin août : triathlon M de Larmor Plage, première natation en mer de la saison. Je suis un peu largué mais remonte bien sur la partie vélo et fait enfin une bonne course à pied en moins de 42min pour au final terminé la course en 2h29. La forme est là.

  • Début septembre : cyclosportive Jean Cyril Robin. Très bonnes sensations, je prend du plaisir à rouler sur ce parcours vallonné même s'il m'en manquait encore pour accrocher le premier groupe. ce sera sûrement pour l'année prochaine !

  • Mi-septembre : objectif de l'année. L'half ironbask. Que du bonheur que d'aller rejoindre le pays Basque pour participer à ce triathlon. Le paysage est sublime, tout comme l'ambiance. L'eau est clair et chaude. Je nage avec les poissons.. ! Je sors parmis les dernier de l'eau mais effectue une chouette remontée à vélo et une course à pied solide qui me permette de passer sous les 5h00 (4h57). Je fond en larme de bonheur après avoir franchis la ligne.

Prendre autant de plaisir et arriver à performer après ce qui m'est arrivé en juin... c'est juste magique. UN GRAND MERCI à ceux qui m'ont soutenu et en particulier à ma femme sans qui rien de tout celà n'aurait été possible. J'ai également une pensée pour tout ceux qui ont connu ou connaisse actuellement un burnout, qu'il soit sportif ou professionnel ou bien lié à tout autre addiction. Essayez d'en parler, c'est le plus important.

La fin de saison a été faite en roue libre avec deux duathlons : un en relais à Cordemais (première place de l'épreuve duathlon vert) et le duathlon de la Chaussaire. Prochainement je publierai mon planning 2015 mais il n'est pas encore bouclé ! Quoi qu'il en soit j'ai pris la décision de préparer Embrun pour 2016 (format ironman avec le col de l'Izoard).


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