Triathlon L de L'Alpe d'Huez 2015

Le 30/1/2016 par Loïc Guillois

Oh que j'ai tardé à publier cet article ! La course a eu lieu le 30 juillet 2015, c'est à dire il y 6 mois... J'ai l'impression que c'était hier. En 2014, l'Ironbask a été une révélation : j'adore le longue distance et le dénivelé. Mais c'était trop plat et j'ai des envies de montagne à l'automne. Rapidement, je me décide à engager une préparation pour Embrunman 2016. Un triathlon XXL l'année de mes 30 ans. Le choix du triathlon de l'Alpe d'Huez en course de préparation devient alors une évidence.

Une saison de bonheur

Comme vous avez pu le voir dans mes différents articles: je me suis donné les moyens de me préparer pour la montagne. Après la cyclo des 3 Ballons, j'avais prévu de participer au triathlon M de Nouatre fin juin avec son parcours vélo accidenté. Malheuresement un problème de voiture... et voici que je loupe le départ. Je me rabat en catastrophe sur le M de Saint Jean de Mont. Une course inintéressante : drafting autorisé, parcours vélo tout plat avec une distance trop courte, parcours à pied avec des passages dans le sable inutiles... Bon pas besoin d'en parler plus longtemps, ça m'a fait une bonne séance de rythme et c'est déjà pas mal.

Le mois de juillet est finalement arrivé très vite. J'ai pris un plaisir énorme à me préparer tout au long de cette saison. Je suis rempli de confiance et d'envie. Physiquement je suis prêt et mentalement je me sens au début de quelque chose. C'est assez indescriptible.

J'ai l'occasion de voir le Tour de France passé en Bretagne et de faire une sortie longue épique avec la montée de Mur de Bretagne auprès des pros qui retournaient à leur car. Le sourir dans un coin car je savais que j'allais les recroiser dans les Alpes. J'ai également pris beaucoup de plaisir à me faire le circuit de Plumelec !

Etape du Tour et dernière semaine de charge

Le vendredi 16 juillet je pars direction les Alpes. Je n'ai jamais été aussi content de me tapper 1000Km de voiture. C'est le pélerinage. Peu importe ce qui se passera maintenant. Ma préparation est faite. Je n'ai plus qu'à savourer, gérer l'affûtage. Mais avant de couper, la plus belle semaine de l'année m'attend !

Le samedi, je retrouve des potes. On roulotte un peu pour dégourdir les jambes du voyage. Dimanche Etape du Tour. Je prend mon vélo de route avec un 50x34 pour assurer le coup. Je gère la première moitié comme une cyclo. Malheuresement comme je pars dans un sas assez loin... je slalom pendant longtemps, me retrouve bloquer dans le Chaussy parfois. Ensuite ça va mieux. Dans les portions roulantes, je ne prend pas de relais et ne relance pas fort. Je roule au train. Le col du Glandon arrive et là c'est l'horreur. Je suis obligé de me mobiliser pour avancer, sur la fin je suis quasiment à bloc. L'effort se gère sur le fil du rasoir. ça marche de partout... Arrivé en haut le plus dur est fait. Je monte La Toussuire en gérant, toujours au train. Je commence à manquer de lucidité et m'arrête à un point d'eau alors que ce n'était pas un ravito. Je perd du temps à attendre mon tour. Le ravitaillement était 1Km plus haut... sur la fin de La Toussuire je termine à bloc, relance et danseuse sur la ligne. 7h18 et 1751ème sur 9877 finishers. Une chouette aventure.

Etape du Tour

A 15 jours de l'objectif, il est encore temps de charger. Je ne vais pas revenir sur chaque entrainement, mais j'ai profité d'être sur place pour effectuer un maximum de cols : Galibier, Télégraphe, la Toussuire en bi quotidien montée 2 fois. une partie de la croix de Fer... et en continuant de bien nager et de courir. j'ai conclu la semaine par la cyclo Risoul Queyras sur le circuit 95Km avec notamment l'Izoard en sens inverse d'Embrunman et la montée de Risoul. Une semaine de bonheur qui est bien passé. 21 heures d'entrainement et une certaine fatigue.

Maillot Risoul Queyras

L'Alpe d'Huez : natation

La course est le vendredi donc il ne faut pas trop en faire. Malgré tout, je tiens absolument à reconnaitre l'Alpe d'Huez, je profite de la reconnaissance officielle du mardi matin. Je monte en 1h02 en en gardant sous le pied. ça passe bien mais je me sens encore fatigué. Je décide de complètement couper mercredi et jeudi. Massage la veille de la course pour me détendre.

C'est parti. Avec les gars du club on descend assez tôt le matin vers le lac avec tout le matos dans un sac. On arrive au parc à 8h50. Je suis sur un nuage, je profite du moment: il fait beau et bon. Le spot est magnifique. J'ai eu la bonne idée d'acheter un bonnet en néoprène pour supporter la fraîcheur du lac. je met de l'huile chauffante avant de mettre la combinaison histoire de mettre toutes les chances de mon côté. On va dans l'eau. aïe... c'est un peu tôt, je vois qu'on est parmi les premiers. je me retrouve donc dans les premières positions. L'eau est étonnament agréable pour moi et pourtant elle est annoncée à 15°C. Tout le monde se plaint autours de moi. L'eau est d'une pureté et d'une clareté incroyable. Je profite du moment pour observer encore le spot magnifique entouré par les montagnes. Je sais que je vais me faire nager dessus, mais je suis content d'être là. C'est mon jour !

Pan ! le départ est donné. Je me débat, je résiste pour ne pas me faire écraser. à la première bouée ça va mieux. L'eau est quand même bien fraîche mais je nage en 2 temps pour être serein sur la respiration et ne pas laisser mon visage trop longtemps dans l'eau froide. La seconde boucle arrive rapidement et je prend une trajectoire un peu intérieur pour ne pas être gêné. j'arrive à nager comme en piscine. Aucun clapeau, ça me va ! J'arrive ensuite à nager en 3 temps et prend du plaisir à nager. j'accélère sur le retour et reprend des places. j'en viens même à regretter de sortir déjà de l'eau ! 2200m... c'est passé nickel à mon rythme. 51minutes, je sors 711ème sur plus de 900 partant. C'est assez nul mais j'ai pris du plaisir !

L'Alpe d'Huez : vélo

A la sortie du parc, quel bonheur de voir qu'il y a déjà un talus. Je met une grosse mine pour doubler les quelques paquets puis une fois engagé dans le faux plat descendant qui nous emmènera jusqu'au pied du col du Grand Serre : je met tout à droite et ne bougerais plus de ma position aéro. Vent de face. C'est bon ça. Je double, je double, je double. Je double les paquets qui draftent aussi mais je m'en fou je prend du plaisir à ce rythme et je suis content d'avoir pris le vélo de chrono.

Course à pied

Je monte le col du Grand Serre sur un bon tempo mais sans me mettre à bloc. je double tranquillement et me retrouve parfois bloqué par la circulation et les petits paquets de coureurs. Je double tranquillement sans à-coups. J'appuie un peu plus sur les derniers kilomètres car je sais que je pourrais me refaire la cerise dans la descente.

Dans la descente, je ne prend pas trop de risques mais de toute façon la descente n'est pas technique. Je double et me fais doubler mais surtout je me repose. Au final, je récupère bien. Je prend les bidons à la volée et me voici dans le col d'Ornon. ça s'apparente à un long faux plat et je sais qu'il ne faut pas trop en faire mais j'ai des jambes de feu. Je reste sur le grand plateau en position aéro très souvent jusqu'à 5Km du haut du col. Ensuite je monte plus tranquillement, l'Alpe d'Huez va vite arriver derrière car la descente sera plus courte.

J'arrive en haut d'Ornon avec plus d'une heure d'avance sur ce que j'avais prévu. La forme est toujours là et je décide contrairement à la première descente de relancer à bloc dès que possible. La descente est technique, j'y prend beaucoup de plaisir et double des coureurs en roue libre. Dernier replat à Bourg d'Oisan. J'appuie fort en position aéro pour ne pas me faire surprendre au pied de l'Alpe et arrivé déjà chaud. Mentalement, la course va commencer.

Les premiers kilomètres sont très durs. Je le sais du coup je monte tranquillement, j'ai quand même l'objectif de faire moins d'1h00 vu la forme. Je prévois un négative split. mais à la moitié, petit coup de moins bien. Je paye mon euphorie depuis le début du vélo et finalement mettrais tout à gauche pour finir tranquille. J'ai même quelques alertes de début de crampes mais je monte malgré tout en 1h05. Rien de catastrophique au contraire.

L'Alpe d'Huez : course à pied

Je n'ai pas fait la reconnaissance de la course à pied et du coup je ne sais donc pas trop à quoi m'attendre. Il y a 20Km à réaliser et ma dernière référence sur half était d'1h30 pour 20Km. j'ai 3 boucles à réaliser. Facile , je dois mettre 30min par boucle. aïe. c'est pas du tout ça. C'est pénible de courir à 2000m, il y a de belles côtes. Les descentes ne permettent pas de récupérer du temps tant que ça. ça explose les genoux car on doit se freiner et je n'arrive pas à relancer. Je suis entrain de courir pour être en 1h40.

J'ai mal au bide. Les jambes qui font hyper mal. J'ai l'impression d'être à l'arrêt et me demande même si je ne vais pas marcher. Il me faudra arriver dans le dernier tour pour réaliser que je ne fais que doubler. Ceux qui me double sont ceux qui en termine ou les relais. Je pense à ce moment à ma femme que je n'ai pas vu depuis 2 semaines. Hors de question de marcher. Beaucoup de travail, quelques sacrifices malgré tout même si je ne suis pas un adepte du "No Pain No Gain". Je serre les dents et accélère tout en chialant.

Je suis tout simplement à bout de nerf et je franchis la ligne complètement explosé en 1h38 de càp, 7h15 au total.

Course à pied

Un moment inoubliable...

Aucune idée de mon classement. Je file à l'appartement. Je sais juste que je suis premier du club. Je mettrais une bonne demi heure à retrouver mes esprits et à me calmer. Je l'ai fait. J'ai réalisé ma plus belle course. Je n'ai jamais eu une aussi grosse décharge d'émotion.

On peut se surpasser sans vouloir sans cesse se comparer aux autres et "faire un classement". Je compte continuer à faire du triathlon avec cette approche. On fait un sport magnifique.

J'apprendrais plus tard que je termine 117ème sur 883 finishers. j'ai réalisé le 104ème temps vélo et le 64ème temps de la montée de l'Alpe d'Huez. 66ème temps course à pied. On me l'aurait dit je ne l'aurais pas cru. C'est un juste retour pour l'approche de mon coach quand à l'entrainement. Une preuve par les faits. Le choix du matériel, le choix des axes de travail. Au final il m'a amené sur un fauteuil sur ce triathlon et je continuerais de lui faire confiance.

Pour l'anecdote, je termine la montée de l'Alpe 2 minutes plus lent que Lilian Jegou, ancien cycliste pro et qualifié pour Hawaï dans son GA (9h32 à Nice) et lui prend 1 minute en course à pied. Lui termine 33ème. ça me motive à continuer de bosser ma natation encore et encore !

Course à pied

En conclusion

Merci aussi à tout ceux qui m'ont donné des conseils ou critiques sur le forum Triathlète Attitude ou qui m'ont soutenu : collègues de club, mon coach, mes amis, ma famille. Et des sujets il y en a eu pleins ! braquet, cadence, "ça sert à rien", "tu t'entraînes trop", "t'es une machine", "tu t'entraînes mal", "t'as le droit manger ça ?!", "Ah bon tu bois de l'alcool ?", "impec, une bonne seance!"... ;-)

La saison 2016 n'est pas encore commencée. J'en profiterais donc pour vous raconter deux moments de 2015 qui ont été très intéressant également : l'Ironbreizh et le Roc d'Azur dans un prochain article. Promis après on parlera de la saison à venir.


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